Les huiles végétales se divisent en deux catégories : les huiles pénétrantes et les huiles scellantes. Les huiles pénétrantes, grâce à leur composition en acides gras à chaîne courte, traversent la cuticule des cheveux pour atteindre le cortex, nourrissant ainsi la fibre capillaire en profondeur. En revanche, les huiles scellantes, riches en acides gras à chaîne longue, restent à la surface des cheveux, formant une barrière protectrice qui empêche l’humidité d’entrer et permet de mieux contrôler les frisottis.
Dans cet article, nous explorerons les différences entre ces deux types d’huiles et comment les choisir en fonction de vos besoins capillaires.
Focus sur les acides gras
Les huiles végétales sont constituées principalement de triglycérides, une molécule formée de trois acides gras attachés à une molécule de glycérine. Selon la longueur de la chaîne d’atomes de carbone des acides gras, on distingue plusieurs types : les acides gras à chaîne courte (moins de 18 atomes de carbone) et les acides gras à chaîne longue (plus de 18 atomes de carbone).
Les huiles contenant principalement des acides gras à chaîne courte (C4 à C16) sont pénétrantes, tandis que celles à base d’acides gras à chaîne longue (C18 à C22) restent en surface et scellent l’hydratation des cheveux.
Comment évaluer la capacité de pénétration d’une huile végétale ?
La capacité d’une huile à pénétrer la fibre capillaire dépend de la longueur de ses acides gras. Plus une huile contient des acides gras à chaîne courte, plus elle a la capacité de pénétrer la fibre capillaire. Les huiles riches en acides gras C4 à C16 sont considérées comme pénétrantes. En revanche, les huiles dominées par des acides gras C18 à C22 ont tendance à rester en surface, créant une barrière qui scelle l’hydratation.
Les huiles végétales contenant des acides gras C18 peuvent pénétrer partiellement la fibre capillaire. Elles se situent ainsi entre les deux catégories, mais aucune étude scientifique n’a encore confirmé leur capacité à pénétrer en profondeur, donc il est préférable de prendre cette information avec prudence.
Lorsque l’on parle de « quantité majoritaire », cela signifie qu’une huile végétale n’est pas composée uniquement d’un type d’acide gras. Chaque huile contient plusieurs types d’acides gras, et pour déterminer si elle va pénétrer ou non la fibre capillaire, il faut analyser sa composition spécifique.
Exemple pratique :
- Huile de brocoli : Cette huile contient principalement de l’acide érucique (46,31%), un acide gras à chaîne longue (22 atomes de carbone). Par conséquent, l’huile de brocoli reste en surface de la fibre capillaire, plutôt que de pénétrer en profondeur.
- Huile de coco : Elle contient principalement de l’acide laurique (46,10%), un acide gras à chaîne courte (12 atomes de carbone). L’huile de coco a donc la capacité de pénétrer la fibre capillaire.
La composition en acides gras d’une huile végétale fournit aussi des informations utiles sur sa texture et sa conservation. Par exemple, en consultant le tableau des acides gras, vous pouvez prédire si l’huile se solidifiera au froid, si elle sera visqueuse ou plutôt fluide.
Les huiles riches en acides gras saturés ont tendance à se solidifier à basse température, car les acides gras se compactent facilement. Ces huiles sont également très stables face à l’oxydation. En revanche, les huiles riches en acides gras insaturés auront une texture plus fluide, mais elles ranciront plus rapidement.
Vous pouvez consulter les exemples de l’huile d’abricot ou de l’huile de coco pour confirmer cette théorie.
Quel type d’huile pour quels besoins ?
Une fois que vous avez compris la différence entre les huiles végétales qui pénètrent la fibre capillaire et celles qui restent en surface, il est important de savoir comment les utiliser en fonction de vos besoins capillaires.
Les huiles pénétrantes
Les huiles pénétrantes sont idéales pour les bains d’huile, car elles traversent la cuticule et atteignent le cortex. Elles nourrissent en profondeur et apportent un soin intense aux cheveux.
Exemples d’huiles pénétrantes :
- Huile de coco
- Huile de Babassu
- Beurre de Murumuru
- Huile d’olive, huile d’avocat, huile de ricin, huile d’amande douce, huile de sésame (en moindre quantité d’acides gras C18)
Les huiles scellantes
Les huiles scellantes forment une couche protectrice autour de la cuticule, empêchant l’eau de pénétrer la fibre capillaire. Elles sont particulièrement efficaces pour contrôler les frisottis.
Les cheveux abîmés par des traitements chimiques ou des appareils chauffants ont souvent une cuticule endommagée. Les écailles relevées permettent à l’eau d’entrer, ce qui provoque un gonflement des cheveux, créant ainsi un cercle vicieux. Les huiles scellantes limitent cette absorption d’eau, en formant une barrière qui protège les cheveux.
Exemples d’huiles scellantes :
- Toutes les autres huiles végétales
- Huile de brocoli (légère et peu grasse)
- Huile de jojoba (une cire, proche du sébum naturel)
Les huiles scellantes sont aussi utiles pour protéger les cheveux au quotidien, par exemple, en appliquant une huile sur les pointes avant de dormir ou de porter une écharpe. Cela réduit la friction, prévenant la casse et les fourches.
Focus sur l’huile de coco
L’huile de coco n’est pas idéale pour tous les types de cheveux. Certaines personnes peuvent constater que leurs cheveux deviennent secs et rêches après l’application. Ce phénomène pourrait être dû à l’effet détergent de l’acide laurique qu’elle contient. Pour un meilleur résultat, il est conseillé de mélanger l’huile de coco avec une huile non pénétrante ou un humectant comme la glycérine ou l’aloe vera. Vous pouvez également opter pour de l’huile de coco fractionnée, qui est plus adaptée pour pénétrer la fibre capillaire.



